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Se déplacer en ville
quand on a entre
dix et treize ans

Un problème pour les « parents – taxis » comme pour les pré-adolescents en quête d’autonomie


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La mobilité des 10-13 ans, des enjeux de société
Une solution pour les parents-taxis, L’IVM lance un transport à la demande pour les collégiens en pays d’Apt
Les enquêtes de l’Institut pour la ville en mouvement


La mobilité des 10-13 ans, des enjeux de société
Entre dix et treize ans, durant la préadolescence, on n'est plus tout à fait un «petit» mais pas encore un «grand» : on éprouve de plus en plus le besoin de sortir avec ses «copains», de se rendre au cinéma, de pratiquer un sport,… mais sans avoir toujours les moyens de son autonomie. L'usage de la mobylette ou du scooter n'est, faut-il le rappeler, autorisé qu'à l'âge de 14 ans, celle de la voiture à partir de 18 ans. D'où la dépendance à l'égard des adultes et tout particulièrement des parents.

Mais ceux-ci sont-ils toujours disponibles et en ont-ils les moyens ? Le père autant que la mère ? Acceptent-ils de laisser sortir leur(s) jeune(s) enfant(s) ? Si oui, à quelles conditions ?
Seul ou accompagné ? Et comment ? Le vélo est-il toujours adéquat ?
Les transports en commun sont-ils adaptés ? A la campagne comme à la ville ?
Quand bien même desserviraient-ils bien une ville et ses environs, sont-ils suffisamment hospitaliers à l'égard des «jeunes» en général, des 10-13 ans en particulier ?

Autant de questions dont on devine facilement l'importance à l'heure où d'aucuns parlent de «couvre-feu» pour les moins de 13 ans. Par delà ce débat de société, d'autres questions se posent:

La mobilité n'est-elle pas un droit pour tous, y compris pour les préadolescents ?
Ne participe-t-elle pas de leur apprentissage de la vie sinon de la ville ?
Comment les jeunes qui ne sont pas encore «adultes» pourraient-ils avoir accès à l'espace public de la ville ?
Doivent-ils être accompagnés par un majeur - parent ou autre adulte - pour vivre la ville ?



Une solution
pour les parents-taxis !


Lancement de TRANSAPT le 3 novembre 2003
Un transport porte à porte sûr et efficace pour résoudre le casse-tête hebdomadaire des parents-taxis.
Emmène les enfants du Pays d’Apt en minibus à leurs activités périscolaires le mercredi et le samedi après-midi, le mardi à partir de 17 heures.


Trop jeunes pour accéder aux moyens de locomotion motorisés ! ; Trop vulnérables pour circuler seuls à vélo ! ; Trop loin pour se déplacer à pied ! Et …une quasi-inexistence de transports publics. Les préadolescents en milieu rural n’ont qu’à bien se tenir ! Les parents taxis font leur apparition.
Les activités extrascolaires nécessitent pourtant des déplacements. Ils seront pour la plupart conditionnés par le bon vouloir des parents et par la condition qu’ils disposent eux-mêmes d’un véhicule et du temps nécessaire pour accompagner leur enfant.
L’enquête réalisée en 2001 auprès d’un échantillon représentatif des 10 – 13 ans du pays d'Apt (27 000 habitants) a mis en évidence que 90% d’entre eux dépendent entièrement de leurs parents pour leurs déplacements extrascolaires. Ce constat interdit à beaucoup de collégiens de se rendre à leurs activités hors du cadre scolaire, maillon d’une autonomie qui semble pourtant toute naturelle aux préadolescents des villes. La contrainte pour les parents est lourde à endosser et s’ensuit d’une perte de temps et de coûts associés. Le pays d’Apt demeure pourtant le domaine des parents taxis.
Ainsi, L’Institut pour la ville en mouvement propose des solutions et des expérimentations sur différents types de territoires. Son initiative le conduit aujourd’hui à se porter partenaire avec l’association « mobilité pour tous en pays d’Apt » du lancement d’un transport à la demande original en pays d’Apt : Transapt.
L’expérience consiste à mettre en place un mode de transport moderne, commode et simple qui permette aux collégiens de se déplacer dans le Pays d’Apt pour se rendre à leurs activités hors du cadre scolaire, évitant ainsi aux parents de se transformer en "parents taxi". Elle vise les préadolescents scolarisés à Apt et à sa communauté de communes qui regroupe environ 20 000 habitants. Le service pourrait ensuite être étendu à toutes les communautés du pays d’Apt.
L’idée de base repose sur la notion de transport « porte à porte à la demande ». Il permet de se déplacer librement et en toute sécurité. Les enfants pourront donc emprunter ce service seuls, le conducteur ayant pour mission de réaliser l’accompagnement de la porte du domicile à la porte du lieu de dépose et inversement.
Destinée au départ aux préadolescents, l’expérience pourra ensuite être étendue à d’autres personnes qui n’ont pas les moyens d’être autonomes, et en particulier aux personnes âgées.



Les enquêtes de l'Institut pour la ville en mouvement
Elles permettent de mieux apprécier l'ampleur des mobilités des 10-13 ans et les problèmes spécifiques qu'elles rencontrent. L'enquête nationale montre en particulier combien les parents se sentent concernés par cet enjeu.

Une enquête nationale réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 820 parents et autant de préadolescents, réalisée sous la direction scientifique de François de Singly, sociologue spécialiste de la famille (professeur à l’université Paris Sorbonne), Directeur du centre de recherches sur les liens sociaux (Cerlis, CNRS-Université de Paris V), et auteur de Libres ensemble. L'individualisme dans la vie commune (Nathan, 2000). Ainsi apprend-on que si les préadolescents se déplacent le plus souvent à pied, c'est l'accompagnement en voiture qui est privilégié pour se rendre aux activités extrascolaires du mercredi. Deux fois sur trois, le parent-taxi est la mère. Près de la moitié des parents (47%) déclarent souhaiter faire moins d'accompagnement.

Une enquête sur les modes de déplacement de collégiens dans la région parisienne au Pays d'Apt, dans le Vaucluse.
Pour l'une et l'autre de ces enquêtes, un carnet de bord a été élaboré en partenariat avec la RATP pour les communes du Val de Bièvre en région parisienne (Villejuif, Gentilly, Fresnes, l'Haÿ-les-Roses et le Kremlin Bicêtre), en concertation avec l'Education nationale, la Caisse des allocations familiales, des élus des communes concernées : plusieurs dizaines de collégiens de 6e et 5e ont été invités à consigner leurs modes de déplacement et la nature de leurs activités au cours de trois journées : un jour de semaine, le jour des activités extrascolaires (le mercredi), enfin, un jour de week-end (le samedi). Cette forme d’enquête a été adaptée pour le Pays d’Apt.

S'il est trop tôt pour dégager des solutions, plusieurs constats s'imposent d'ores et déjà :
1) la diversité des formes et des besoins de déplacement
des 10-13 ans ;
2) l'importance de l'investissement des parents dans l'accompagnement de leur(s) enfant(s) en l'absence de moyens de transports collectifs adaptés ;
3) l'importance des inégalités entre les enfants, notamment entre garçons et filles mais également entre les parents et au sein du couple (on compte plus de «mères-taxi» que de «pères-taxi») ;
4) enfin, la nécessité d'une plus forte implication des acteurs (établissements scolaires, opérateurs de transports collectifs, élus locaux…) pour répondre aux attentes des parents comme à celles des 10-13 ans.

L’Institut pour la ville en mouvement, avec ses partenaires, se donne pour objectif non seulement de sensibiliser les différents acteurs à cet enjeu de société jusque-là peu traité, mais également de chercher et de proposer des solutions nouvelles, qui pourront concrètement être testées sur différents territoires urbains.



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